-         <!--[endif]-->Camarades membres du Conseil National,

-         <!--[endif]-->Camarades Président de la Commission Nationale de Contrôle et d’Evaluation,

-         <!--[endif]-->Camarade Président du Comité d’Honneur,

-         <!--[endif]-->Camarade Président de la Coordination de Brazzaville,

-         <!--[endif]-->Messieurs et Mesdames les représentants des Partis amis,

-         <!--[endif]-->Camarades militants et sympathisants de l’U.PA.D.S,

-         <!--[endif]-->Mes très chers camarades,

 

Le Conseil National de l’U.PA.D.S, instance suprême du Parti dans l‘intervalle des Congrès, se réunit aujourd’hui un an après la mémorable session inaugurale de Dolisie. Au-delà de sa bonne tenue, cette session a été une occasion  de rencontres fraternelles et militantes, de partage et de découvertes.

Dolisie la mythique, notre alpha et notre oméga, Dolisie qui fait encore rêver par ses résultats électoraux élogieux, apparaît indiscutablement comme  la gardienne de nos espérances, de notre futur. Que les militants du Niari, de Dolisie en particulier reçoivent ici et par ma voix, les félicitations méritées de la direction nationale du Parti. Mais Dolisie 2013 qui a bien tenu son pari, a vécu. Brazzaville, siège du Parti et vitrine de la politique congolaise reprend sa vocation et renoue avec son destin.

Camarades membres du Conseil National,

C’est dans un contexte tout particulier que se tient notre première session ordinaire.

Au plan international, les prémices d’un bouleversement géopolitique et géostratégique sont perceptibles. Le monde unipolaire dominé par les Etats Unis, au lendemain de la chute du mur de Berlin et de l’effondrement de l’Union Soviétique qui consacrait la défaite de la seule idéologie alternative au capitalisme, s’effondre et se consume. Les conséquences de ce nouvel ordre mondial en gestation sont multiples.  A l’immédiat on assiste  au retour du nationalisme Russe et au chaos du Moyen Orient, avec des répercussions au Maghreb et en Afrique subsaharienne.  

Avec la crise Ukrainienne, l’Europe se trouve aux portes d’un conflit armé.

La Russie qui semble renoncer à jouer la carte de l’ouverture vers l’Occident après avoir accepté les règles de la mondialisation et ses conséquences, pourrait être à l’origine de ce conflit armé qui se profile en Europe et dont l’Ukraine serait le déclencheur. La faiblesse de l’Europe et le repli stratégique des Etats Unis lui donnent une marge de manœuvre qu’elle utilise avec arrogance en Ukraine en déstabilisant ce grand pays stratégique après lui avoir pris la Crimée, la région la plus vitale.

La seule réponse de l’Europe et des Etats Unis à ce nouvel « impérialisme de la Russie » en Ukraine et peut être demain en mer baltique, notamment en Lettonie et en Estonie où vivent d’importantes minorités russes,  est d’agir sur le marché pétrolier en faisant baisser significativement le prix de cette ressource dont dépend aujourd’hui la Russie pour son développement et son rayonnement.

S’agissant du Moyen Orient, les évolutions dans cette partie du monde, nées de ce qu’on a appelé le printemps arabe en 2011, sont d’une telle ampleur qu’elles sont loin de parvenir à leur aboutissement. Ce qui pourrait donner raison à Napoléon Bonaparte selon qui « une révolution est un cercle vicieux : elle part de l’excès pour y revenir ».

Depuis fin 2010, le monde arabe est engagé dans un processus de transformation radicale. Les Islamistes qui constituaient la principale opposition dans ces pays emportés par la révolution (Tunisie, Egypte, Lybie, Syrie) et qui devraient être l’alternative aux régimes dictatoriaux qui s’y étaient longtemps installés, n’ont pu apporter des solutions attendues et la démocratie n’a pu surgir.

Au total, le Moyen Orient est en proie à une guerre civile. L’épicentre de cette guerre fratricide se trouve en Syrie et en Irak. A la confrontation religieuse entre Chiites et Sunnites se greffe le conflit interne dans le camp Sunnite contre le radicalisme islamiste. Et en définitive, l’intervention de la  coalition internationale contre les djihadistes, les  menaces sur les pays voisins, le chaos en Libye après la chute de Kadhafi montrent que l’architecture régionale mise en place après  la première guerre mondiale est entrain  de s’effondrer et le conflit Israélo-palestinien s’éloigne de plus  en plus d’une solution viable. L’U.PA.D.S, Parti Panafricain doit le savoir.

Le Moyen Orient est aujourd’hui une poudrière qui peut embraser l’Afrique  d’autant que la guerre qui s’y déroule, bien qu’elle soit localisée en Irak et en Syrie, peut à tout moment atteindre l’Afrique du Nord.

Le Djihadisme qui prospère au Nord du  Mali, du Niger, au Nigeria et près de nous, aux frontières du Cameroun avec Boko Haram peut avoir des répercussions dans toute l’Afrique.

Au plan national, notre session se tient en cette fin d’année 2014 après la publication des résultats du recensement administratif spécial, après les élections locales et l’installation des Conseils exécutifs des Communes et des Départements qui en dépendent, après les évènements politiques du Burkina Faso et  le sommet de l’OIF à Dakar qui en a été fortement influencé.

Sur le système électoral Congolais dans sa globalité, l’U.PA.D.S qui s’en est déjà exprimée, réitère ses exigences  pour l’indépendance réelle de la Commission électorale, l’adaptation de la loi électorale, l’introduction de la biométrie et du bulletin unique. Ces exigences sont les conditions d’une élection crédible que le Congo n’a plus  organisée depuis celles de 1992 et 1993.

L’année 2015 qui précède 2016, année de fin de mandat du président SASSOU-NGUESSO, doit être consacrée à la préparation sereine de la prochaine élection présidentielle à laquelle le Congo ne peut échapper et le Président Denis SASSOU-NGUESSO ne peut se présenter.

Les regards seront de plus en plus tournés vers notre pays qui soit, entrera au panthéon des pays démocratiques, respectueux des règles constitutionnelles  établies, soit, intégrera le camp des pays voyous, des Républiques bananières. Pour notre part, le bon sens c’est bien l’alternance absolue et non les nouvelles théories inventées pour un homme,  sur une soi-disant démocratie tropicale  qui se nourrirait des valeurs africaines. Que nos intellectuels pour lesquels notre respect n’a pas de limite, n’abaissent pas l’Afrique en l’enfermant dans des cages, loin de toutes les évolutions du monde. L’Afrique est un continent riche d’anciennes et puissantes traditions, de fécondes valeurs de civilisations.

 Elle doit ressentir comme les autres peuples de son temps le besoin de s’acclimater, de s’enraciner dans la démocratie qui est source de stabilité, de paix et de développement.

Le principe démocratique, comme disait Voltaire, ce philosophe fécond, « est comme ce feu qu’on prend chez son voisin, que l’on allume chez soi, que l’on communique à d’autres et qui finalement, appartient à tous ». Les valeurs démocratiques sont universelles et n’appartiennent à aucun continent, à un aucun peuple. C’est aujourd’hui la propriété de toute l’humanité.

Camarades membres du Conseil National,

En cette fin d’année si riche, les évènements de Burkina Faso sonnent comme un éveil de conscience des peuples confrontés à la même problématique. Celle de l’alternance pacifique dans le cadre constitutionnel.

Le Burkina Faso, selon la rengaine de plus en plus entendue chez les dirigeants du PCT, ne serait pas le Congo qui, lui, n’aurait pas une opposition comparable, pas de société civile, pas de soldats républicains, bref ne réunirait  pas les conditions qui ont permis la victoire de l’insurrection populaire           au Burkina Faso. Soit. Mais alors,  pourquoi cette fébrilité et cette panique ?

Et ces oiseaux de mauvais augure, lorsqu’ils ne promettent pas la répression à tous ceux qui tenteraient de remettre en cause la « paix chèrement acquise », selon l’expression en vogue du PCT, versent  dans le sarcasme.

Pour nous, chers camarades, il n’y a aucun doute. Le Président SASSOU-NGUESSO est au terme de son second et dernier mandat et rien ne peut justifier son maintien au pouvoir. Et c’est en cela que le Congo, qui n’est pas le Burkina Faso, devrait faire l’économie d’inutiles désordres ou violences en appelant au respect  scrupuleux de la Constitution. On ne peut imaginer non plus qu’il ne se produise rien au Congo en 2016 devant l’obstination du Président SASSOU-NGUESSO à demeurer au pouvoir.

 

Camarades membres du Conseil National,

Au moment où se réunit le plénum du Conseil National de notre Parti, nos concitoyens ont des raisons d’être inquiets de leur avenir, de leur pouvoir d’achat qui ne cesse de régresser, malgré les promesses et les vernis que l’on peint sur les parois de la réalité, malgré les opportunités économiques et financières dont le Congo a bénéficié sans discontinuer au cours de cette dernière décennie.

Pendant plus de dix ans en effet, avec des budgets en excédent, le quotidien des Congolais n’a guère changé. Et au moment où s’annonce une décrue des recettes pétrolières en raison de la contraction du marché, il est à craindre une situation encore plus dramatique. L’eau pour tous, l’électricité pour tous qui ont reçu tant de ressources d’investissement pour leur production et leur distribution demeurent des slogans creux, sans espoir à court terme pour les Congolais de s’en offrir au moindre coût et en abondance.

 A propos de l’école, les établissements scolaires financés par l’Etat, sont réservés aux familles modestes   alors qu’il y a quelques années, tous les enfants fréquentaient les mêmes écoles qui  dispensaient un enseignement de qualité. L’éducation nationale devrait constituer une priorité pour le pays. De ce fait, l’U.PA.D.S propose une fois encore l’implication de tous les acteurs : gouvernement, enseignants, syndicats, parents, société civile, associations, Eglises et  partenaires au développement, pour sauver notre système éducatif agonisant.

En 32 ans de pouvoir, Denis SASSOU-NGUESSO et le PCT, Parti soi-disant Social démocrate par égoïsme ou par impéritie, n’a pas créé une classe moyenne qui aurait tiré la consommation et équilibré une société plus que jamais coupée en deux. Une masse considérable de déshérités, pauvres et sans avenir, et une couche infime de nantis, enrichis par le détournement des deniers publics ou par les pots de vin issus des juteux marchés publics attribués aux amis et aux parents.

En poursuivant notre analyse de la situation financière du pays qui devra affronter la diminution des  recettes budgétaires consécutive à la contraction du marché pétrolier, nous constatons avec étonnement que le Congo qui a obtenu l’effacement de sa dette, est rapidement redevenu le pays le plus endetté de la zone CEMAC. L’encours de sa dette intérieure et extérieure rapportée au PIB nominal en pourcentage  est de 47%. Certes, ce pourcentage est encore inférieur à la norme fixée à 60% du PIB, selon les critères de convergence de la CEMAC, mais constitue déjà un motif d’inquiétude pour notre avenir.

Le plus difficile est sans doute à venir. En effet, s’agissant des investissements prévus en 2015, la construction du complexe sportif de Kintélé fait l’objet d’un financement de l’Etat, c'est-à-dire, en ressources propres. Selon d’autres sources rapportées par Congo Economie n°3 d’avril 2014, magazine édité par ENI Congo, ce complexe serait réalisé à partir du mécanisme dit de convention de crédits. C’est d’ailleurs le cas de la plupart des ouvrages lourds réalisés par les entreprises chinoises. Pour rappel, la convention de crédits suppose que l’entreprise exécutante du marché préfinance elle-même les travaux en se faisant financer soit par son Etat, soit par une banque. Par la suite, elle réclame au bénéficiaire de l’ouvrage le paiement des travaux  exécutés, c'est-à-dire, sa créance. Cette pratique largement utilisée pendant le premier plan quinquennal sous la présidence de SASSOU I, a généré le plus lourd endettement du Congo,  le plaçant à la fin de la décennie 80 au rang des pays les plus endettés au monde par tête d’habitants.

Il faut craindre que le Congo d’après Dénis SASSOU-NGUESSO, replonge dans le cercle vicieux de l’endettement, sans avoir profité de l’embellie financière des dix dernières années.   

 

Par ailleurs, l’économie de notre pays est aujourd’hui caractérisée par :

.L’abandon des choix légaux, notamment du plan national de développement, au profit des choix festifs et populistes tels que la construction des hôpitaux généraux décidés sans études et dont les travaux sont curieusement confiés à une seule société.

2. La réalisation des projets pharaoniques de prestige devant abriter les jeux africains au détriment des secteurs sociaux ou de la réhabilitation du CFCO, l’épine dorsale de l’économie congolaise.

3. La création des services parallèles de recouvrement des taxes douanières et des impôts parallèles par les membres du clan familial qui plombent l’économie nationale.

 

Le mal de notre pays, comme on le constate, est loin d’être la Constitution dont on découvre brusquement les failles et les faiblesses à l’orée de l’élection présidentielle de 2016. Il s’agit au contraire des choix d’un système prédateur et d’un homme qui, seul, doit tout mettre en chantier.

 

Camarades membres du Conseil National,

Le débat politique, comme vous le savez, se focalise depuis quelques temps autour du débat constitutionnel et tout ce qui s’y rapporte. L’U.PA.D.S, la première à avoir lancé le mot d’ordre « TOUCHE PAS A MA CONSTUTION », ne peut être en reste de ce débat.

Le Président SASSOU-NGUESSO qui a définitivement abandonné la tentation de réviser certaines dispositions de cette Constitution, notamment les articles 57 et 185, semble opter pour un changement de ladite Constitution.

Au travers de ses déclarations appelant le Peuple à trancher par référendum le débat Constitutionnel et prenant les exemples ici et là, sans nous convaincre de l’opportunité et de la légalité du référendum, la présente session du Conseil National nous donne une occasion de plus à celles que nous avons déjà saisies, de réaffirmer notre position.

A la lecture objective de la Constitution de 2002, celle-ci ne prévoit pas de recours au peuple pour procéder au changement de la Constitution. Tout au plus à la révision des dispositions qui sont hors du champ des articles 57 et 185. Oui, la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par voix du suffrage universel ou par référendum. Mais, comme nous le rappelle avec pertinence Roger YENGA dans sa dernière publication sur la Constitution Congolaise, le peuple Congolais ne peut être consulté sur tout et surtout pas sur un changement de la Constitution. L’article 86 de la Constitution du 20 janvier 2002 encadre rigoureusement le champ du référendum qui n’est strictement ouvert qu’aux seules matières suivantes :

-         <!--[endif]-->l’organisation  des pouvoirs publics ;

-         <!--[endif]-->les garanties des droits et libertés démocratiques ;

-         <!--[endif]-->l’action économique et sociale de l’Etat ;

-         <!--[endif]-->l’autorisation pour la ratification d’un traité.

 

Par conséquent, nous invitons le Président de la République au respect de notre loi fondamentale dont il est le géniteur  et le gardien. Le respect par lui de la Constitution est une exigence de droit, ensuite une preuve de noblesse et de hauteur d’esprit.

Quant aux autres questions qui agitent la classe politique Congolaise en cette fin d’année 2014, l’U.PA.D.S y a déjà apporté ses réponses. Elles font l’objet du dossier que nous allons examiner et adopter au cours de la présente session à savoir :

-         <!--[endif]-->l’opportunité d’un dialogue national ;

-         <!--[endif]-->la participation de l’U.PA.D.S à un gouvernement d’union nationale ;

-         <!--[endif]-->la mise en place d’une transition politique dont on ne connait ni la durée, ni l’agenda, ni les dates d’ouverture et de clôture.

 Pour terminer, que peut-on dire des dernières élections locales auxquelles nous avons pris part. Le rapport d’activités que vous avez à examiner et à adopter réserve une large place au bilan de notre participation à ces élections. Nous ferons un commentaire détaillé des résultats obtenus et des perspectives qu’offre cette participation  tant controversée.

Mes chers camarades,

Face à la situation politique nationale dont l’analyse et la position de l’U.PA.D.S dans les enjeux qu’elle suscite sont attendues à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, je vous dis que la politique n’est ni le royaume de bonnes intentions, ni l’addition de vaines revendications parfois contradictoires.

 

L’U.PA.D.S doit aller au-delà de l’émotion et doit donner de la cohérence à ses aspirations et à ses actes. C'est à cela que je vous invite.

Soyons courageux, quittons les peurs, le temps du destin est peut être là. Il faut le saisir sans complexe et avec confiance.

Je déclare ouverte la 1ère session ordinaire du Conseil National.

 

Je vous remercie.